« Si des clubs de foot se présentent en Bourse, il y a neuf chances sur dix pour que notre fonds n'en achète pas », affirme Jean-Louis Hostache, gérant du fonds loisirs et sport chez Conseil Plus Gestion, même si c'est une activité qui s'appuie sur deux piliers : la gestion d'infrastructures et l'animation d'une équipe de joueurs. Depuis quelques années, estime ce professionnel, le modèle économique les rend très fragiles. Leurs recettes, bien que tirées par les droits de retransmission télévisuels et, dans une moindre mesure, par le sponsoring sportif, ont progressé bien moins vite que leurs dépenses, qui ont explosé avec la flambée du prix des joueurs, lesquels viennent en général alourdir les amortissements passés annuellement. En clair, commente Jean-Louis Hostache, le ticket d'entrée est très élevé pour avoir une équipe très compétitive. A chaque étape du championnat, poursuit-il, on risque de transformer le profit prévu en perte, ce qui constitue un aléa sportif majeur brouillant toute visibilité. Enfin, le monde du football a de sérieux problèmes de gouvernance, liés à des modes de rémunération peu clairs des joueurs comme de l'ensemble des intervenants, juge encore Jean-Louis Hostache. Comme tous les secteurs médiatisés, il risque de se vendre fort cher et, comme la plupart des clubs européens, pourrait conduire à de sérieuses déconvenues, prévient le gérant de Conseil Plus Gestion.

